Socio anthropologie et philosophie des œuvres scientifiques et politiques de Guillaume Samba Kaputo et Emile Bongeli Yaikelo Ya Ato
- Sous la codirection de Célestin Musao Kalombo Mbuyu & Michel Bisa Kibul
- Normes de l'Éditeur scientifique : Academia, Louvain-la-Neuve
- Projet de : Observatoire de la Gouvernance (OG)
L’Observatoire de la Gouvernance (OG-Unikin-UPGI) lance un appel à papiers destiné aux chercheurs, praticiens de terrain, analystes politiques, sécurocrates; visibles ou discrets, ainsi qu’aux témoins privilégiés des trajectoires intellectuelles et politiques de deux figures majeures de l’école congolaise de science politique et maîtres de la politologie appliquée : Émile Bongeli et Guillaume Samba Kaputo, tous Professeurs.
L’ambition de cet ouvrage est de revisiter, interroger et mettre en débat, avec un regard neuf, l’immense héritage scientifique, théorique et décisionnel de ces deux géants qui ont façonné l’étude de l’État et la pratique de gouvernance politique en République Démocratique du Congo, chacun à sa manière, chacun dans un registre qui lui est propre et, les deux, dans leurs interactions entre eux et, eux et les autres : les silences, les propos, les gestes, les bégaiements, les ponts jetés ou coupés, les colères et les joies.... jusqu'aux influences.
1. Deux trajectoires, deux épistémologies, un même vertige de l’État
Émile Bongeli : le théoricien de la “face visible” de l’État
Sociologue politique prolifique, politologue de conviction africaniste, si pas afro centriste, et homme d’État accompli, Émile Bongeli possède une œuvre abondante, structurante et souvent dérangeante dans des concepts du genre "L'État bébé, Université contre le développement, il n'y a pas d'intellectuels au Congo, la Banque mondiale et FMI n'ont jamais développé un Pays,...." pour la compréhension du système politique congolais :
- sociologie politique du système éducatif ;
- analyses de “l’État de l’État”, de son âge mental et chronologique ;
- conceptualisation des “intelligibilités étatiques” ;
- réflexions sur le développement, l’agentivité institutionnelle et les subjectivités politiques.
Homme de théorie et homme d’action, il est également un praticien politique apprécié. Là où Platon Grac échoua dans la pracis, selon la tradition, à transformer la cité par l’action directe, Bongeli lui a impressionné ses contemporains, notamment au Ministère de la Santé où médecins et administrateurs le décrivent volontiers comme « l’un des meilleurs ministres de l’histoire du pays ».
Sa carrière est encore, jusqu'à ce jour où il est Prof. Ordinaire, également marquée par sa fonction de directeur de thèses et de travaux scientifiques, président de plusieurs Jurys, contribuant à la structuration de toute une génération de chercheurs.
De son vivant, nous avons le devoir de critiquer sans complaisance, comprendre et lui faire comprendre notre compréhension de son œuvre, valoriser et diffuser son œuvre auprès des générations montantes.
Guillaume Samba Kaputo : l’architecte silencieux de la “face invisible” de l’État
À l’opposé stylistique mais non théorique de Bongeli, Guillaume Samba Kaputo, aujourd'hui derrière les rideaux de l'existence terrestre, fut un maître de la sobriété écrite. Peu d’ouvrages, peu de paroles publiques mais une densité intellectuelle hors norme. Samba Kaputo est, aux dires de Célestin Musao "un vaste champs magnétique politologique".
Professeur de science politique “pure”, élève de Benoît Verhagen, théoricien des groupes ethniques, de la vivabilité politique et des structures cachées de l’État, il s’est immergé dans ce que ses proches appellent « la science politique qu’on ne dit pas à haute voix » - Jean-Pierre Lotoy Ilango-Banga (comprendre la science politique pour faire la politique).
Déjà très actif dans l'ombre et même sous le soleil du régime Mobutu où il fut gouverneur des régions, c'est sous la présidence de Joseph Kabila, qu'il fut nommé Chef des Rapports des Bourbouze au Chef de l'État, conseiller spécial sur des dossiers stratégiques d’une extrême sensibilité.
Sécurocrate intellectuel, figure discrète mais d'un poids incommensurable et d'une lucidité quasi magique, il a marqué durablement la compréhension des dynamiques non écrites, informelles, souterraines du pouvoir.
Son héritage, transmis plus oralement et textuellement dans des dossiers classés "Top secret", le Maître non apparent demeure indéboulonnable dans les milieux avertis, selon le Professeur qui préfère garder l'anonymat mais qui nous a rassurés de la possibilité d'avoir une préface de ...(on finira par coter le nom du préfacier).
2. Questions directrices : vers une anthropologie politique à deux voix
Les contributions pourront analyser, comparer ou mettre en tension les approches respectives des deux maîtres autour des axes suivants (liste non exhaustive) :
- Quelle est l’épistémologie propre à chaque auteur ? Entre sociologie politique opératoire et science politique cryptée.
- Comment articuler la “face visible” (Bongeli) et la “face invisible” (Samba Kaputo) de l’État congolais ?
- La science politique “non apparente”, plus proche de la polémologie chère à Henri Mova obéit-elle à une logique, une méthodologie et une éthique spécifiques ?
- L’“État bébé” bongelien : quelles intelligibilités, quelles maturations physiques et mentales ?
- Quels apports théoriques au renouvellement de la science politique africaine à partir de l'Ecole congolaise?
- Approches, limites, contradictions et fertilité de leurs paradigmes
- Que révèle leur trajectoire sur les liens entre savoir scientifique, engagement politique, sécurité nationale et pratiques étatiques ?
- Comment leurs héritages se prolongent-ils dans la recherche contemporaine et dans les pratiques de gouvernance ?
3. Nature des contributions attendues
Nous encourageons :
- des articles scientifiques (analyse théorique, méthodologique, comparative) ;
- normes de citation en bas de page
- des études de cas ou enquêtes de terrain sur ces deux penseurs;
- des témoignages d’acteurs politiques, administratifs ou sécurocratiques (l’anonymat est garanti) ;
- des lectures critiques, positives ou négatives, des œuvres, concepts et/ou silences, gestes,...portés ;
- des récits d’expérience issus de la collaboration, de l’observation directe ou de la pratique politique ;
- des analyses épistémologiques ou socio-anthropologiques en profondeur.
4. Format :
- Maximum 10 pages par auteur (Times New Roman 12, interligne 1,5).
- Bibliographie selon normes APA.
- Contributions acceptées en français, anglais, avec citations possibles en langues nationales de la RDC lorsque scientifiquement pertinentes.
5. Calendrier
- Décembre 2025 – 30 mars 2026 : Réception des contributions à michelbisa@gmail.com avec copie à michel.bisa@unikin.ac.cd
- Avril – Juin 2026 : Corrections, révisions, finalisation
- Juillet – Novembre 2026 : Aller-retour entre codirecteurs et éditeurs scientifiques
- Décembre 2026 : Publication de l’ouvrage (versions FR & EN)
6. Modalités de soumission
Les propositions complètes (article finalisé) doivent être envoyées à : revuescientifiqueegi@gmail.com
Avec copié à:
Objet du mail : Contribution – Ouvrage Bongeli & Samba Kabuto
Nous vous invitons à participer à cet ambitieux chantier intellectuel
Il ne s’agit pas seulement de commémorer deux figures majeures, mais d’engager une réflexion collective sur ce qu’elles nous donnent pour :
- la compréhension de l’État,
- la pratique de la gouvernance,
- la formation à la décision publique,
- et l’avenir de la science politique congolaise et africaine.
Faire dialoguer la face visible et la face invisible de l’État, c’est éclairer ce qui fonde réellement la puissance publique, ses forces, ses turbulences et ses non-dits.
Nous attendons vos contributions avec enthousiasme.
Le débat est ouvert.

